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Vieux 23/09/2016, 10h58   Afficher une version imprimable   (1)
fethi d'alger

 
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hadjeb fethi
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Un coléoptère asiatique menace une sous-espèce rare du Moucherolle des saules

source : ornithomedia
Quand l'Homme joue les apprentis-sorciers, il faut s'attendre à des conséquences inattendues sur les écosystèmes...
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ID : 109031
La sous-espèce extimus (moins de 500 couples) du Moucherolle des saules (Empidonax traillii) et le coléoptère Diorhabda carinulata.
Photographies : Jim Rorabaugh (USFWS) et James L Tracy / Wikimedia Commons

Les exemples d'introductions d'espèces censées résoudre certains problèmes (par exemple limiter la population d'un prédateur d'une plante) et qui ont finalement des conséquences fâcheuses sur l’environnement (par exemple la multiplication ou la disparition d'animaux ou de plantes) sont nombreux.

Les autorités américaines avaient essayé différentes solutions (mécaniques, chimiques, hydrauliques) pour tenter de limiter l'expansion spectaculaire du tamaris (Tamarix sp.), un arbuste invasif originaire d'Eurasie et d'Afrique, le long des cours d’eau et des réservoirs du sud-ouest des États-Unis, provoquant l'assèchement et l'érosion des berges et la salinisation des sols. En 2002, on a décidé d'introduire le long de la rivière Pecos (Nouveau-Mexique) le coléoptère Diorhabda carinulata, une espèce asiatique s'attaquant au feuillage des tamaris. Il a prospéré et est désormais présent de l'Utah au Texas.

Si cet insecte a permis de s'attaquer sérieusement à la progression des tamaris, les scientifiques de l'U.S. Geological Survey (USGS) ont montré, grâce à un modèle prévisionnel basé sur l'étude d'images satellitaires, qu'il constituait désormais une menace pour la rare sous-espèce extimus (moins de 500 couples) du Moucherolle des saules (Empidonax traillii), qui niche localement dans ces arbustes. Or, une fois le feuillage dévoré, ses poussins sont exposés aux fortes chaleurs et aux prédateurs et leur mortalité augmente.

L'étude de l'USGS a montré que 94 % des sites de nidification de ce moucherolle le long de la Virgin River avait disparu entre 2010 et 2015, et que dans les dix années à venir, un tiers d’entre eux étaient menacés le long du Colorado, et plus de la moitié le long de la rivière Gila. La sécheresse a également contribué à cette dégradation en Californie. Afin de stopper la progression du coléoptère, les autorités ont décidé d'arracher des secteurs entiers de tamaris…

Dave Thompson, un entomologiste qui a travaillé à l'introduction de Diorhabda carinulata, se demande si le Moucherolle des saules, qui est insectivore, va finalement décider de manger ce coléoptère...

Il s'agit d'un exemple intéressant des effets inattendus des introductions involontaires ou volontaires d'espèces animales et végétales sur les écosystèmes. Il existe aussi des exemples en Europe : il a été ainsi décidé dans les années 2000 d'exterminer le long du littoral atlantique français l'Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus), un oiseau d'origine africaine, car il avait été accusé de détruire les colonies de sternes et de guifettes. Or on a aussi constaté qu'il favorisait la formation de colonies mixtes de spatules et de hérons et qu'il était un grand consommateur d'Écrevisses de Louisiane (Procambarus clarkii), une espèce invasive (lire La campagne d’extermination des Ibis sacrés français est probablement injustifiée).
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