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Vieux 21/08/2014, 12h10   Afficher une version imprimable   (1)
maloute45
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Léon julien
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Vers une "résurrection" du Pigeon migrateur ?

Source :"Ornithomédia" (24/02/2014)

Vers une "résurrection" du Pigeon migrateur ?
Il y a 100 ans disparaissait le Pigeon migrateur, mais des biologistes réfléchissent à la possibilité
de le recréer à partir d'espèces proches.


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Pigeons migrateurs (Ectopistes migratorius) juvénile, mâle et femelle.
Dessin : Louis Agassiz Fuertes / Birds of New York


Il y a 100 ans disparaissait le Pigeon migrateur ou Tourte voyageuse (Ectopistes migratorius), un
Columbidé qui nichait dans le nord-est de l'Amérique du Nord et qui hivernait dans le Mid-Ouest
et le Sud-est.
Il mesurait de 32 à 40 cm de long, son corps était allongé, ses ailes et sa queue étaient pointues,
et sa tête était proportionnellement petite.
Il volait rapidement.
Chez l'adulte, le bec était noir, les pattes rouges, les parties supérieures gris bleuâtre, le cou
présentait des reflets métalliques, la poitrine et le haut du ventre étaient rouge-orangé, et le
bas-ventre et les sous-caudales étaient blancs.

Cet oiseau était encore abondant au début du XIXème siècle, et ses effectifs étaient estimés à
plusieurs milliards d'individus : certains vols "obscurcissaient" le ciel et mettaient plusieurs jours
à se dissiper !

Les Pigeons migrateurs nichaient en immenses colonies, parfois sur des kilomètres de long (en
moyenne 16 km !) : en 1871,136 millions d'individus nicheurs ont été comptés sur 2 200 km2.
Et pourtant, l'espèce fut décimée en quelques dizaines d'années, principalement à cause de la
chasse intensive (par les agriculteurs qui la considéraient comme nuisible pour les récoltes et
par des amateurs pour le "plaisir"), de la destruction de son habitat, de la déstructuration de son
mode de vie social suite à la baisse des effectifs et de certaines maladies.
Le dernier individu, une femelle, mourut dans sa cage dans le zoo de Cincinnati dans l'Ohio le
1er septembre 1914.

Mais grâce aux progrès de la génétique, certains biologistes évoquent désormais l'idée de
"ressusciter" cette espèce, et un congrès sur ce thème s'est d'ailleurs tenu en février 2012 à la
Harvard Medical School de Boston sous l'égide de la Long Now Foundation, une organisation
co-présidée par Stewart Brand.

L'ADN d'oiseaux morts depuis longtemps contient des informations précieuses qui peuvent aider
à mieux comprendre les relations phylogénétiques entre espèces vivantes et éteintes et
l'évolution génétique.
Mais le génome se dégrade et le séquençage à partir de fragments d'ADN n'est pas possible si
l'on utilise une méthode d'amplification génique (permettant de recopier de manière
exponentielle un fragment d'ADN, grâce à l'utilisation d'une enzyme) classique.

Une technique de nouvelle génération appelée "De Novo Assembly" a été élaborée (elle est
décrite en détail dans un article paru en 2013 dans la revue PLOSOne) : elle permet de
reconstruire des séquences à partir d'un grand nombre de petits morceaux (de 90 paires de
bases) selon un grand nombre de paramètres.
Elle a été appliquée avec succès sur des échantillons de deux Pigeons migrateurs et on a pu
reconstituer la totalité de leur ADN mitochondrial malgré une légère pollution génétique humaine
et un faible pourcentage de nucléotides dégradés.

Parmi les approches proposées pour recréer des Pigeons migrateurs figure l'extraction d'ADN
ancien de spécimens naturalisés suvie de la modification du génome de Pigeons à queue barrée
(Patagioenas fasciata) ou biset (Columba oenas) pour les "transformer".


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ID : 96205
Le Pigeon à queue barrée (Patagioenas fasciata) pourrait servir de "base" pour reconstituer le Pigeon migrateur.
Photographie : Gary Kramer / Wikimedia Commons



Lors du congrès de février 2012 de la Long Now Foundation, le généticien George Church a
expliqué qu'il était impossible d'utiliser la technique du clonage car l'ADN des spécimens
naturalisés n'est plus fonctionnel.
Mais l’on pourrait reconstruire certains gènes du Pigeon migrateur puis les introduire dans le
génome de cellules-souches de Pigeons bisets afin de faire réapparaître certaines
caractéristiques de l'espèce disparue, comme sa longue queue par exemple.

Ces cellules-souches modifiées pourraient ensuite être transformées en cellules germina
les
(précurseurs des ovules et des spermatozoïdes) qui seraient injectées injectées dans des oeufs
de Pigeon biset, où elles migreraient vers les organes sexuels des embryons en cours de
développement.
Les pigeonneaux éclos ressembleraient à des Pigeons bisets normaux mais ils seraient porteurs
de cellules germinales modifiées.
En se reproduisant, ils donneraient naissance à une génération dont certains indivdus auraient
certaines des caractéristiques du Pigeon migrateur (couleurs, longue queue, longues ailes...).
Une succession de croisements et de sélections pourrait finir par produire des oiseaux
ressemblant plus ou moins à l'espèce disparue.

Cette approche a d’ailleurs aussi été évoquée pour faire “renaître” le Mammouth laineux : une
partie de ses gènes (qui ont pu être récupérés en partie grâce à à des individus conservés dans
la glace en Sibérie) pourrait être injectée dans des cellules-souches d'éléphant.

Toutefois, cette méthode audacieuse soulève plusieurs questions : un pigeon recombiné peut-il
être considéré comme un Pigeon migrateur ?
Cela vaut-il le coup de réussir éventuellement à créer une poignée d'oiseaux qui pourraient ne
réussir à survivre qu'en captivité ?
La viabilité de cette espèce sociable n'implique-t-elle pas de devoir aussi produire des millions
d'individus ?
Cette "résurrection" pose aussi des questions éthiques : faire renaître des espèces éteintes ne
va-t-il pas diminuer les efforts pour empêcher les extinctions ?
Faire revivre des espèces disparues est-il utile ?
Et il y a enfin des obstacles financiers.
__________________
Si vous avez des anecdotes, des suivis d'élevage, des histoires sur les oiseaux
pourquoi ne pas les partager avec nous
.

Amicalement vôtre

Dernière modification par maloute45 ; 21/08/2014 à 12h14.
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